Candice au pays des Merveilles – chap 2

Chapitre 2. Comment Candice s’envola pour le Brésil et fut jetée en prison

 

Candice entra alors dans la grande ville de Rio, au Brésil. Elle observa autour d’elle et s’émerveilla devant la grandeur et la magnificence des édifices anciens. Elle déambulait dans les rues pleines de monde, et imaginait une vie à chacun d’entre eux : la jeune femme et son enfant allant de magasins de vêtements à magasins de chaussures, probablement pour le rhabiller avant la reprise de l’école, le vieux monsieur jouant de son accordéon en espérant avoir assez de sous pour s’offrir une baguette de pain et un paquet de chips. Elle vit un grand homme bien vêtu et bien coiffé se hâtant. Elle s’imagina que c’était un homme d’affaires à prendre son avion pour Paris, Bangkok ou Toronto, ne voulant pas râter sa réunion de 15h.

Elle continua donc ainsi pendant un petit bout de temps lorsqu’elle se rendit compte qu’elle s’était perdue. Elle observa les alentours et ne vit que des rues sombres, désertes et étroites, peu hospitalières. Elle essaya de se repérer non sans difficulté. Elle erra donc en attendant de rencontrer quelqu’un qui pourrait l’aider à retrouver son chemin. Enfin, elle croisa un groupe de jeunes à peine plus âgés qu’elle. Un rictus se dessina sur leur lèvres quand ils l’aperçurent et ils se jetèrent un regard très équivoque en voyant son expression stupide. La jeune femme, soulagée, se précipita vers eux en louant le ciel de les avoir mis sur sa route. Elle leur demanda :

« Pouvez-vous me donner le chemin à suivre pour retourner dans le centre ville s’il-vous-plait ? Mon téléphone n’a plus de batterie. Impossible de me servir de mon GPS !

– Avec plaisir, mademoiselle.  Mais auparavant, nous nous rendons à une petite fête organisée par des amis. Si vous le désirez, vous pourriez vous joindre à nous ; cela vous permettrez de rencontrer des autoctones dans cette nouvelle ville », lui répondirent les garçons.

Folle de joie de cette proposition, elle accepta sans réfléchir et les suivit vers leur voiture. Sur la route, les jeunes hommes lui posaient des questions sur elle, sa vie. Elle répondait, naïvement à toutes leurs questions et ils eurent la confirmation qu’ils étaient tombés sur une source de revenus presque inépuisable.

Une demi heure plus tard, ils arrivèrent devant une magnifique villa. Six autres voitures étaient déjà garées dans la cour. Ils étaient les derniers invités attendus.

Ils entrèrent dans la villa et se dirigèrent vers le buffet. Les jeunes hommes saluèrent leurs amis et les présentèrent à Candice. « Mais pourquoi avez-vous ramené ici cette pintade ? » leur demandèrent les hôtes.

– Il n’y a aucun danger. Rassurez-vous ! Elle va nous distraire et nous enrichir. Elle est si naïve qu’elle ne se doute de rien. »

Constatant eux-même le regard candide de Candice, les amis se sentirent rassurés.

Au bout d’un petit moment, tous se regroupèrent autour du buffet et trinquèrent à leur future réussite. Candide tendit l’oreille pour savoir de quoi il s’agissait. C’est alors qu’elle entendit quelques personnes discuter à propos d’un certain commerce colombien avec un assez bon rendement. Il s’agissait de café, évidemment ; Candice savait bien qu’on vendait du café en Colombie. Elle ne s’attarda pas sur le sujet plus longtemps ; elle préférait boire du champagne.

Elle navigua de personnes en personnes, riant et buvant sans limite. Elle arriva à hauteur d’un grand homme barbu qui la prit par le bras et l’emmena dans une immense salle de bain. Candice, excitée par la situation et heureuse d’avoir fait de nouvelles connaissances ne se méfiait pas vraiment de lui. Ils se dirigèrent vers le lavabo et il sortit un petit sachet contenant une fine poudre blanche. Il en fit deux petits tas et sortit deux pailles. Candice s’en empara et faillit l’aspirer par la bouche. L’homme éclata de rire :

« Décidément, tu ne comprends vraiment rien. Cela n’a pas d’importance. Je vais te montrer.

– Merci, c’est gentil, répondit Candice curieuse et appliquée.

Il aspira son rail par le nez, pour montrer l’exemple.

– C’est une méthode assez étrange, je dois dire… Mais puisque c’est la coutume…»

Elle ne sourcilla pas et renifla son rail. Elle se sentit aussitôt planer affreusement et commença à halluciner. Pendant ce temps, ça dérapa mais elle n’en garda aucun souvenir qu’une souffrance intime.

Quand elle revint au rez-de-chaussée, tout le monde s’était regroupé autour de la grande table. « Comme vous le savez, le transfert Colombien se passe pour le moment, comme prévu, se réjouissait le propriétaire de la villa. La coke sera là demain… »

C’est alors que Candice, dans un éclair de génie et ayant fait des recoupements, comprit qu’on ne parlait pas de la boisson sucrée qui lui donnait si mal au ventre et qu’elle s’était mise dans une sacrée galère. Désespérée, elle s’accroupit dans un coin se demandant pourquoi elle avait accepté de les suivre et comment elle ferait à présent pour s’enfuir.

Tout à coup, elle entendit des sirènes s’approcher rapidement. Elle eut une sueur froide. Les hommes se dépêchèrent cacher la coke du stock quand les policiers rentrèrent de force dans la villa en criant : «  Aucun geste ! Restez calme ! Les mains en l’air ! »

Candice fondit en larmes en voyant arriver ses sauveurs mais les policiers, sourd à ses requêtes qu’ils ne comprenaient pas de toute façon, la firent monter de force dans leur camionnette. Une simple prise de sang révéla qu’elle avait de la cocaïne dans son sang et elle fut bonne pour la garde à vue en attendant son procès. Pendant qu’elle était enfermée, Candice eut l’occasion d’entendre les policiers dire : «Nos hommes ont réussi à saisir 1,2 tonnes de cocaïne et 350 000 dollars en petites coupures. Ce trafic est une collaboration internationale entre la Colombie, le Brésil et les Etats-Unis. Nous sommes intervenus à temps avant que cela n’aille trop loin ». Candice fut choquée et dépitée d’avoir été aussi facilement embobinée, mais son procès ne dura pas longtemps. Le juge vit tout de suite que notre greluche était plus naïve que méchante. Elle s’en tira pour 3750 euros d’amende.

Elle se jura de ne plus jamais remettre les pieds dans cette maudite ville, de ne plus suivre de vilains garçons, de ne plus boire de champagne, ni de goûter à la moindre substance inconnue.

Marion Criquet et Zélie Abenzoar

rio

 

 

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